18 juillet 2011
"Je savais que tout était fini. J'étais perdu. A partir de cet instant, il ne serait plus question que d'aliments à manger, de langue, d'algèbre, et de logique à apprendre, de mouvements et d'émotions, d'embrassements, de tourbillon de sentiments qui allaient s'emparer de moi et me noyer. je savais que j'étais perdu, à jamais perdu, et je m'en fichais. Mais ça me faisait quelque chose, je riais et je pleurais à la fois, et il n'y avait rien d'autre à faire que de la tenir serrée et l'aimer avec tout mon corps et mon esprit qui s'affrontaient, décidés. J'aurais pu continuer ma guerre contre ma mère et mon père, et l'école, la nourriture et ce qu'il y avait dans les livres, mais je ne pouvais pas lutter contre cette douceur sur mes lèvres et cette tiédeur dans mes bras, et l'ordeur neuve dans mes mains.
-Clarisse, Clarisse, j'ai crié en la tenant dans mes bras, regardant par dessus son épaule sans rien voir, lui murmurant : Clarisse!"
Ray Bradbury, Bien après minuit.
Tu me manques.
Faite pour l'amour, Elle disait. Seulement pour l'écrire. Et le réclamer.
09 juin 2011
- Se rappeler que mes rêves ne sont pas ceux des autres.& que les excès ont souvent une teinte écoeurante. Tout tient en équilibre bancal, il s'agirait de ne pas souffler dessus trop violemment, mes fougues désespérées et capricieuses sont destructrices. & auto-destructrices.
Apprendre à se taire.
& à croire, un peu. En l'Autre, et en soi.
12 avril 2011
"Tous les soleils à l'aube dorment encore un peu
engourdis, nonchalants,
ils se moquent bien du feu du jour qui les attend,
ils chassent les ombres des hommes et des guerres,
tous les soleils à l’aube sont comme de grands enfants
qui n’ont que faire du temps…"
22 février 2011
Leçon n'°1.
Je ne veux pas m'abaisser au vulgaire, à ce que je conçois comme laid, malgré la débauche d'images crues qui rythme nos écrans et habille nos murs. Malgré l'interprétation facile que l'on pourrait en faire. Je ne veux que du Beau. Dans la mesure du possible, bien sûr. Parce que le Beau reste encore la seule force vitale, la seule chose capable de soigner l'âme. Parce que le Beau, c'est cette bouffée d'air vrai (oui, vrai), cet élan du coeur qui balance des étoiles dans les yeux. Parce que le Beau, Il est partout. A commencer par ces dessins animés poétiques, traçant les contours d'une pureté oubliée, en passant par l'infini de l'Océan Majestueux, au coucher du soleil, ou encore les mots sonores de ceux qui ont su écrire la passion(et pourquoi pas l'Homme?) comme personne. Toutes ces choses dont on voudrait absorber l'image, la vie, tellement c'est joli et que ça nous dépasse. Que ça nous transcende même, si on veut. Mais le Beau, c'est comme une ficelle, toujours présente au-dessus de nos têtes, dessinant la possibilité, en permanence, si l'on prend seulement la peine de la saisir délicatement, de faire descendre, comme un rideau rouge sur une scène de théâtre, un peu de cette Beauté. Un voile délicat, saisissable pour celui seul qui a tiré la ficelle. Parce que le Beauté, c'est tout simple. Elle nait la nuit que l'on parcoure à travers les rues vides, sous la neige, et rythmée par un air de jazz - ou de classique, c'est au choix. Parce que la Beauté, c'est juste le ciel qui joue aux aquarelles, à l'aube comme au crépuscule. Les jolis mots, les regards protecteurs, les sourires sincères. Ceux qui disent tout, sans avoir besoin de la parure d'un mot. Ceux qui soufflent sur toutes les poussières de pensées mauvaises - et ce même si le ménage a vraiment tardé à être fait. Il suffirait juste d'y accorder un peu d'attention.
Reste que le laid me désarme, à la source d'une de ces sensations aussi désagréable qu'indicible. Et que tout ça sonne foutrement niais.
14 février 2011
Souvenirs. Meme si ça raisonne un peu moins.
"Mais vous ne
savez pas ceci sans doute : qu'il m'arrive d'en souffrir.
Non pas de ce qu'on
pense, bien sûr!
Mais de que cette vie dépende si totalement de moi, de moi
seule, - de mon seul jugement…
J'en éprouve parfois un… un vertige panique… Je
vous étonne, Frances?
Je vous paraissais moins vulnérable? Plus cuirassée?
Personne n'est cuirassé : ce n'est jamais que du clinquant.
Le ciel est vide,
Frances, c'est vrai, mais on a beau le savoir, on ne s'habitue pas.
On ne
s'habitue pas à ce que nos actes n'aient aucun sens…
- que les bons comme les
mauvais engendrent au hasard les bienfaits ou la pestilence…
Dieu est toujours,
toujours muet…
Nous n'avons, pour fonder le bien et le mal, que le sable
mouvant des intentions…
Rien ne vient nous guider…"
Elle soupira : "Ce n'est pas drôle tous les jours".
Les animaux dénaturés, Vercors
21 janvier 2011
Tiens, tiens, un nouveau désir d'écrire. Une petite envie qui pointe sa mignonne tête jusque là oubliée. Mais puisque les fins n'ont pas de réalité, je joue à la renaissance. Qui en soit n'en est pas une si la dite fin n'existe pas. Bref, preuve en est, ma manie d'oublier de fermer les parenthèses - et parfois, ces phrases interminables, soupçonnées de vouloir secrètement concurrencer le digne Meussieu Proust, représentant de la fierté nationale en matière de Grande Littérature. Rien ne s'éteint vraiment jamais, il n'y a qu'une seule et vraie mort - enfin, je crois - et elle est physique. Tant qu'on a cette petite flamme, cette petite chose qui nous habite et nous brûle justement parfois, tout est vivant - jusqu'aux souvenirs, qui auront toujours leur vie quelque part, avec ce pouvoir, là, de faire sourire, un sourire doux de nostalgie, un sourire qui fait que rien ne se perd. Comme si, il n'y avait pas tout un monde, mais, mieux, des tas de mondes, partout, en permanence. Derrière les mots, les gens, les situations, aussi banales soient-elles. Comme si, il y avait tout, dans les moindres petites choses - si peu qu'elles soient connectées à notre sensibilité. Des tableaux à déceler dans la routine, dans le banal. La beauté plutôt que Charlie et son t-shirt rayé. Comme si, aussi, la petite rêveuse un peu niaise que j'étais repointait, elle aussi, le bout de son nez. C'est comme tout, 'faut croire, ça arrive sans prévenir. Mais tout ça comme une preuve d'inconstance peut-être, d'idéalisme et d'indétermination profonde, éternelle hésitante que je suis, qui voudrait tout, pour faute de ne savoir choisir. Le Tout comme solution au vide intérieur. Enfin, désordre, je préfèrerais, mais ça collait moins. Le don de s'accrocher à des images sûrement, comme il en va de l'Amour. J'ai rêvé d'un Amour figé dans sa Passion, un Amour au parfum de dépendance, aux notes entêtantes, étourdissantes. Mais la réalité, malheureusement(?), a le don d'être toute autre. La Réalité se vit dans les actes quotidiens et les mots criants d'une triste banalité, qu'on aurait voulu salutairement endormie. La Réalité n'est pas une parfaite association de mots placés avec soin, de décors tout aussi soignés, de personnages simplifiés. La Réalité, ce ne sont pas les tableaux que nous offrent les mots des romans Adorés. La Réalité, ce n'est pas cet enchainement parfait d'images qu'on nous sert au cinéma, juste pour nous faire rêver. Parce qu'au fond, en vrai, ben, c'est vach'ment plus vrai. Et du coup, vach'ment plus imparfait. Garantie de charme, il parait. Peut-être. Mais pour moi, la mécanique est la même. Je me suis perdue dans les mots d'Amour - le Grand, le Beau, le Faux -des grands Poètes, et j'ai voulu être Celles qu'ils ont aimé, de cet amour si pur, incomparable. Un Amour, paradoxalement porté par les mots les plus forts qui soient, mais paraissant encore ne pas suffire. Le Génie de la Poésie sûrement. Au fond, j'ai voulu être une image. Ces Muses m'apparaissent comme le symbole de la Femme, avec un grand F. Qui, donc, posséderaient tous les attributs portés par la féminité. Et, c'est là mon Idéal. Un Idéal vraiment idéal, rien d'un but réalisable, car mon Idéal n'accepte aucun faux pas, il n'est que rigueur. Et pourtant, il apparait que j'en suis bien loin, que parfois, il est mis de côté parce que la vie s'impose et le pousse gentiment du pied, mais il reste toujours là. Juste parce que, j'aurais aimé savoir ce que ça fait, que d'être aimée autant.
Mes yeux continuent de voir comme ceux d'un enfant - derrière mon grand cynisme, qui n'est rien que le fruit d'une frustration, j'imagine, suite à une chute dans le Réel; je me suis perdue, petite, dans les images délicatement colorées des nombreux livres qu'ils ont parcouru. Mon imagination a nourri de multiples récits, toujours grandioses, toujours parfaits. J'ai fui les autres - mon image était déjà trop lourde, à cette époque, et j'ai nourri mes rêves. Des rêves qui ont altéré ma vision des choses, qui m'ont ancré dans un sens du réel tout écaillé, laissant entrevoir mes visions idéales. Alors, j'essaie de coller mes pieds sur notre bonne vieille terre, difficilement, trainant mon baluchon de doutes, exilée du pays de l'Imaginaire. Enfin, il le faudrait.
18 juin 2010
Le passage oublié de Nadja.
Et pourtant.
"(...) résolue, de peur d'être mal étreinte, à ne se laisser jamais embrasser :
ni dynamique ni statique, la beauté je la vois comme je t'aie vue.
Comme j'ai vu ce qui, à l'heure dite et pour un temps dit,
dont j'espère et de toute mon âme je crois qu'il se laissera redire,
t'accordait à moi.
08 juin 2010
Je ne saurais faire taire les impulsions de mon coeur.
Je suis asservie à ceux sur qui mon amour s'est porté.
Un rien le soulève, pour mieux qu'il se fêle à la fin de sa chute.
Et continuer à faire vibrer ma souffrance, sous l'impulsion du choc, comme continue à vibrer une note.
Pour rester ensuite un souvenir planant dans l'air sombre de ma cage thoracique.
En relisant les lignes que mon coeur m'a fait porter ici, je ne peux que constater que je n'ai toujours pas changé.
Je n'ai pas su éloigner mes tourments, ces bêtes fêlures du coeur adolescentes,
ni cesser de réclamer un secours sous la forme de l'Amour,
un secours à l'ombre masculine qui signerait mon salut.
Pas plus qu'autre chose encore je ne me crois capable de me relever seule.
Ou bien est-ce simplement manière de détourner toute responsabilité de ces épaules déjà bien malmenées.
07 juin 2010
Le coeur humain, beau comme un sismographe.
Nadja. Et un élan d'affection, de l'âme ou du coeur.
Je suis preneuse à toute tentative de distinction.
Le bonheur de retrouver les émotions nées de la musique au sein même la lecture.
Les mots ont cela de sacré, ils sont comme des notes.
Assemblées en une symphonie,
trainant la douce mélancolie des violons,
le lancinant sursaut des cuivres,
et close par les coups poignants des
prétentieuses percussions.
Ce genre de lecture qu'on voudrait relire inlassablement, pour qu'elle finisse par quitter le papier,
pour s'écrire en nous.
Gravé sur le coeur comme un souvenir, à côté de ceux qui lui ressemblent.
Parce que de tels mots ne devraient jamais être bien loin.
Se nourrir dans les mots d'un autre de l'Amour que l'on n'a pas.
Et que l'on ne saurait avoir.
Et faire vivre intensément ces espoirs destructeurs, en forme de coeur.
Enfin je me reconnais cette sensibilité qui offre l'ouverture d'âme, de coeur, nécessaire à l'appréciation de la poésie.
Enfin, je sais la faire raisonner contre les parois de ma poitrine.
Même si ce n'est jamais suffisant.
Mais c'est bien là que je m'écoeure le moins.
*
"Tant pis. Mais... et cette grande idée? J'avais si bien commencé tout à l'heure à la voir.
C'était vraiment une étoile, une étoile vers laquelle vous alliez.
Vous ne pouviez manquer d'arriver à cette étoile.
A vous entendre parler, je sentais que rien ne vous en empêcherait : rien, pas même moi...
Vous ne pourrez jamais voir cette étoile comme je la voyais.
Vous ne comprenez pas : elle est comme le coeur d'une fleur sans coeur".
Parce que, parfois, les mots d'un autre sont plus vrais encore que tout ce que l'on pourrait sortir de notre coeur.
*
" Toi la créature la plus vivante,
qui ne parais avoir été mise sur mon chemin que pour que j'éprouve
dans toute sa rigueur
la force de ce qui n'est éprouvé en toi".
C'est si rare cette flamme dans les yeux que tu as, que j'ai.
*
Et ce cri de Nadja, des mots seulement, mais dont la beauté raisonne follement
ce désespoir face au temps que l'on connait trop, qui ne saura épargner personne :
<< André? André?... Tu écriras un roman sur moi. Je t'assure. Ne dis pas non. Prends garde : tout s'affaiblit, tout disparaît.
De nous il faut que quelque chose reste... (...)>>.
*
La force de ces mots-là restera ancrée ici, dans cette partie de moi-même que je m'offre à relire.
Et tous ces mots, là, j'aurais aimé qu'ils te concernent, qu'ils nous concernent.
30 mars 2010
T'imagines même pas dans quel état il est, mon coeur. C'est comme s'il sortait des montagnes russes.

